En roue libre, sous le soleil, la pluie et la neige

Le Tour de France vous donnera peut-être envie de vous (re)mettre au vélo pour une balade ou une arrivée au bureau sportive. Il y a fort à parier que votre premier réflexe, avant d’enfourcher votre petite reine, sera de jeter un coup d’oeil aux prévisions météo.

Le marché du cycle est en pleine expansion. En 2016, plus de trois millions de vélos ont été vendus soit un chiffre d’affaires du secteur avoisinant le milliard d’euros. De plus en plus d’usagers utilisent le vélo pour se déplacer, cela concerne 14% des déplacements à Strasbourg, entre 35 et 40% à Amsterdam. Derrière ce marché se cachent différentes manières de faire du vélo, tourisme, vie quotidienne, en ville ou à la campagne, pratiquement toutes sont conditionnées par un paramètre essentiel : la météo.

Toute motivation du cycliste mise à part, un temps “agréable” nous rend plus enclin à sortir notre bicyclette. Si la belle saison, d’avril à septembre, favorise la pratique du vélo, avec sur l’agglomération Lyonnaise 43% des passages à vélo enregistrés en été; l’hiver ne contraint pas toujours les sorties en vélo. Au Québec, région réputée pour son climat hivernal rigoureux, 40% du total des cyclistes en font usage toute l’année !  

Le niveau de température, à part lorsqu’il est trop élevé, n’est pas vraiment dissuasif. S’il fait plus froid, le cycliste s’équipe en fonction. La nébulosité, la force du vent et la possibilité de précipitations en été comme en hiver sont des conditions météorologiques défavorables à la pratique du vélo car elles viennent gêner le cycliste d’une part et poser un problème pour sa sécurité. Les Pays-Bas ont créé à cet effet un indice météo pour le vélo prenant en compte : la nébulosité, la force du vent, les heures de soleil, la présence de brouillard, la température, la possibilité d’orages et de précipitations. Une initiative dont nous devrions nous inspirer ? Car, s’il y a une saisonnalité du vélo avec près de 90% des séjours touristiques à vélo se déroulant entre avril et novembre, cet effet masque la pratique au jour le jour qui se décide en fonction du temps qu’il fait. Néanmoins, des vélos plus performants, des équipements de meilleur qualité ainsi qu’un entretien des infrastructures cyclables tout au long de l’année, viennent atténuer l’effet dissuasif que peuvent avoir des conditions météo difficiles et permettent une pratique du vélo plus régulière.  

La météo sensibilité du vélo est beaucoup plus nette en région rurale qu’en région urbaine. En utilisant la plateforme nationale des fréquentations qui comptabilisent le nombre de passages à vélo à l’aide de borne, nous avons remarqué qu’en région parisienne (chiffres de 2014), le nombre de passages a presque triplé sur la période avril/ août avoisinant les 37 000 passages au plus fort de l’été. En hiver, même si la fréquentation baisse, un peu plus de 14 500 passages sont toujours enregistrés en janvier. A Audierne (chiffres de 2016), en région Bretagne, la baisse de fréquentation en hiver est drastique, elle chute à une centaine de passages enregistrés en novembre et décembre et culmine à 1779 passages au mois d'août. Derrière ces chiffres, nous avons deux manières de faire du vélo, l’une mixant tourisme et déplacements quotidiens, l’autre essentiellement touristique et plus sensible aux effets de saisonnalité.  

Une météo au jour le jour spécialement conçue pour les cyclistes et professionnels du tourisme permettrait de favoriser la pratique du vélo en levant les doutes sur des possibles précipitations qui laissent notre vélo au garage ou d’exploiter les meilleures fenêtres météo pour une balade réussie !


 

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