Il doit faire (au moins) 45°C !

Avec la multiplication des événements climatiques extrêmes et des thermomètres qui affichent des températures records, positives ou négatives, une notion météorologique jusque là réservée aux blizzards canadiens est de plus en plus utilisée par nos météorologues : il s’agit de  la température ressentie. La température affichée dans les bulletins météorologiques est la température de l’air. Elle est mesurée avec un thermomètre placé à 1.5 m du sol et sous un abri. C’est une approche purement quantitative qui ne reflète pas toujours ce que notre corps ressent. Le vent, le taux d’humidité ou encore notre état de fatigue influent sur notre perception physiologique de la température.

 

Lorsqu’il fait froid, une mince couche d’air réchauffée par l’organisme se forme au contact de la peau. Ce mécanisme agit comme un isolant naturel. Dès qu’il y a du vent, cette couche ne peut pas se former car sans arrêt chassée, l’organisme dépense donc plus d’énergie à réchauffer l’air avec lequel il est contact ce qui le refroidit davantage. Ce phénomène a été baptisé refroidissement éolien ou “wind chill” par les américains Paul Siple et Charles F. Passel juste avant l'entrée en guerre des États-Unis en 1941 lors d'expériences en Antarctique.  

Le taux d’humidité joue aussi sur notre perception des températures. Ainsi le 31 juillet 2015 à Bandar-e Mahshahr, ville iranienne de 110,000 habitants sur les bords du Golfe persique, si le thermomètre affichait 43 degrés à l’ombre, la température ressentie était de l’ordre de 74 degrés en raison du fort taux d’humidité. Pour maintenir la température du corps à 37 degrés, la peau transpire. En s’évaporant, la transpiration refroidit le corps. Ce mécanisme naturel est perturbée lorsque le taux d’humidité est élevé. En effet, l’organisme ne parvient pas à évacuer la sueur par les pores de la peau lorsque l’atmosphère est très humide et ne permet pas le phénomène d’évaporation. Comme le corps n’arrive plus à se refroidir normalement, la chaleur ressentie est beaucoup plus forte que la chaleur réelle. Les canadiens J.M Masterton et F. A. Richardson ont développé en 1979 un outil pour mesurer la température ressentie en fonction du taux d’humidité : il s’agit de l’index humidex.


Si la température ressentie est une notion plus qualitative que la température affichée, elle n’en est pas moins importante. En cas de grand froid, elle justifie par exemple le déclenchement des plans grands froids ou peut être utilisée par les professionnels du ski comme un indicateur pour savoir quelles activitées proposer, quelles recommandations faire à leurs clients. Même si la France est davantage sujette aux canicules “sèches”, en Afrique ou au Moyen-Orient un taux d’humidité fort couplé à des températures élevées change les habitudes de consommation, de loisirs et bouleverse même le rythme de travail ! Ce concept de température ressentie a tout intérêt à être observé à la loupe par les professionnels du tourisme et du retail en général afin de proposer à leurs clients des services toujours plus personnalisés !






 

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