Mais comment attrape-t-on un rhume ?

L’hiver : les températures chutent, la grisaille gagne et l’entêtant leitmotiv “J’ai attrapé froid” revient, nous laissant penser, à tort, que la baisse des températures est responsable de notre nez qui coule, des maux de tête et autres frissons désagréables. Si elle a un rôle à jouer, la chute des températures n’est qu’un facteur parmi tant d’autres et c’est du côté de la réaction de notre système immunitaire à notre environnement que se trouvent les réponses les plus probantes.

 

L’intérieur de notre nez est tapissé de muqueuses qui sécrètent un liquide. En humidifiant l’air inspiré, ce liquide piège les poussières et contribue à lutter contre les agents infectieux. Lorsque la muqueuse est irritée, asséchée, elle ne joue plus son rôle de protection. Attaquée par les agents infectieux, elle gonfle, sécrète davantage de liquide et le nez se met à couler. Nous voilà enrhumés. Environ 200 agents infectieux sont susceptibles de causer un rhume. Le rhinovirus, le plus connu, est à l’origine de 30 à 50% des rhumes. Tout ce qui endommage donc la muqueuse nasale (comme la pollution, les pollens, le tabagisme) ou qui affaiblit le système immunitaire (la fatigue, le stress, des traitements médicaux lourds) crée un terrain propice pour le virus. Mais alors quel lien avec les conditions climatiques ? Lorsque le vent est nul ou faible, les particules fines émises par les voitures, cheminées d’usine…restent piégées dans les basses couches, au niveau du sol. Nous sommes alors plus sensibles aux épisodes de pollution. De manière similaire, lorsque les températures se radoucissent au printemps et que le processus de pollinisation commence, les personnes souffrent davantage d’allergies en présence de vent faible alors qu’un vent fort ou modéré brasse les particules.

 

Les défenses locales du nez sont aussi vulnérables aux changements brusques de température. Lorsqu’il fait froid, les vaisseaux sanguins qui tapissent notre nez et notre gorge se contractent pour garder la chaleur. Inversement, ils se dilatent pour aider le corps à éliminer le surplus de chaleur. Quand nous passons trop souvent du froid au chaud, nos muqueuses s’enflamment et retiennent le moindre virus qui passe. Metigate a pu vérifier, en s’appuyant sur les recherches de mots-clés dans Google Trend, que l’intérêt pour les médicaments de traitement du rhume variait fortement en fonction des conditions météorologiques, et notamment sur les mois d’été ! En effet, sur juillet et août, une chute brutale de la température ressentie - combinaison de la température et du vent - entraîne une hausse d’environ 30% des recherches associées au rhume ! Il y a donc de belles opportunités d’optimisation des campagnes e-marketing pour les fabricants et distributeurs de médicaments !

 

Si nous observons une recrudescence du nombre de rhumes en hiver, c’est parce que la baisse des températures favorise des comportements “à risque” et affaiblit de manière générale notre système immunitaire. En effet, les virus responsables du rhume se transmettent facilement d'une personne à l'autre, le plus souvent par les mains ou des objets contaminés. Or l’hiver, nous passons davantage de temps dans des lieux bondés et confinés favorisant une contagion rapide et nous n’aérons pas suffisamment les pièces de vie, ce qui assèche l’air ambiant et multiplie les polluants atmosphériques. Notre organisme met également en place tout un système pour réchauffer l’air inspiré, qui est alors très froid. Les muqueuses nasales mélangent l’air froid à de l’eau à la température du corps. Cette réaction réchauffe l’air avant qu'il ne rentre dans nos poumons mais assèche le mucus qui tapisse les muqueuses nasales. La barrière protectrice s’en trouve considérablement affaibli. D’autre part, les virus sont thermo-dépendants et la température de l’air influe sur leur développement et leur survie. Le froid constitue un avantage pour le virus. Le microbe est enveloppé d’une coque protectrice d’autant plus résistante que l’air est froid. La diminution de l’ensoleillement limite l’exposition des virus aux rayons ultraviolets qui les dégradent naturellement. Les virus prospèrent davantage par temps froid.

 

Pour ceux qui seraient tentés d’oublier la grisaille hivernale en s’envolant au soleil, sachez toutefois que le brusque changement de température, le voyage en avion dans une cabine climatisée et la fatigue du voyage vous mettront dans des dispositions idéales pour attraper un rhume sous les tropiques. A cet égard, le papyrus Ebers, l’un des plus anciens traités médicaux rédigé au XVI sous le règne d’Amenhotep Ier, préconise contre le rhume l'incantation suivante :  "Écoule-toi, rhume, fils du rhume, qui rompt les os, écrase la tête et blesse douloureusement les sept ouvertures de la tête".



 

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