Silence, ça tombe

“Voilà les feuilles sans sève

 Qui tombent sur le gazon,

 Voilà le vent qui s’élève

  Et gémit dans le vallon,”

Alphonse de Lamartine, à travers ces quelques vers, répond de manière évasive à la question que nous nous sommes tous posés un jour : pourquoi les feuilles tombent en automne ? Emporté par sa description lyrique et enflammée de “ la saison où tout tombe/ Aux coups redoublés des vents”, il ne s’est toutefois pas embarrassé d’explications scientifiques. Si les feuilles tombent c’est bien parce qu’elles manquent de sève. Derrière ce phénomène se cache un mécanisme de défense naturelle.

 

Les feuilles sont munies de capteurs qui, lorsque les températures baissent et que la lumière diminue, envoient un signal à l’arbre pour l’avertir du retour du froid. En temps normal, l’arbre alimente les feuilles en eau et sels minéraux, permettant la production de chlorophylle par photosynthèse, ce mécanisme lui demande beaucoup d’énergie. Quand l’hiver approche, l’arbre se met à fonctionner au ralenti pour mieux supporter les aléas du climat. Il produit alors un surplus d'éthylène et sécrète des petits bouchons de liège qui bouchent les pédoncules des feuilles. Privées de sève, les feuilles perdent leur couleur verte et d’autres pigments se font plus visibles, le orange, le rouge ou le jaune. Lorsqu’elles deviennent trop faibles et qu’elles sont asséchées, la moindre bourrasque les emporte. En éliminant toute dépense d’énergie superflue, l’arbre se protège du froid et concentre sa sève dans les organes vitaux.

 

Si les conifères ne perdent pas leurs feuilles, c’est justement parce qu’elles sont mieux armées contre le froid grâce à une fine couche de cire isolante. Comme l’arbre n’a pas besoin de dépenser son énergie pour maintenir les feuilles en vie, il les conserve toutes.

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